
"Je voulais
casser la monotonie,
redonner de l’énergie, impliquer davantage"
Quand j’ai commencé à intégrer des jeux dans mes formations, je pensais simplement "rendre ça plus sympa". Je voulais casser la monotonie, redonner de l’énergie, impliquer davantage. Et très vite, j’ai vu les effets : plus d’attention, plus d’enthousiasme, plus d’apprentissages.
Mais je ne savais pas encore que la ludopédagogie, ce n’était pas juste une technique. C’était un changement de posture. Et qu’il y aurait des écueils sur le chemin. Voici ce que j’aurais aimé savoir au départ.
1. Ce n’est pas parce qu’on joue qu’on apprend
J’ai cru qu’un atelier ludique suffisait à faire passer un message. Mais un jeu mal choisi ou mal débriefé peut rester… un simple divertissement. Ce qui fait la différence, c’est le temps d’analyse, le lien avec les objectifs pédagogiques, et la manière dont le jeu sert le fond.
2. Il faut accepter de lâcher (un peu) le contrôle
Quand on anime un jeu, on ne maîtrise pas tout. Et c’est inconfortable, surtout quand on a été formé à "tenir le cadre" à tout prix. La ludopédagogie invite à faire confiance au processus, à accueillir l’imprévu, à faire de l’émergence un levier.
3. L’engagement ne vient pas toujours tout de suite
Je m’attendais à ce que tout le monde joue le jeu immédiatement. Spoiler : certains adultes sont méfiants, d’autres résistent, d’autres encore n’ont "pas le temps de jouer". Il faut apprendre à poser le cadre, expliquer les bénéfices, rassurer.
4. Ce n’est pas réservé aux formateurs "fun"
J’ai longtemps cru qu’il fallait être extraverti, créatif, à l’aise avec l’impro. Mais on peut être introverti, méthodique, calme — et travailler en ludopédagogie.
L’essentiel, c’est la cohérence entre notre style et les outils qu’on utilise.
5. Ce n’est pas une solution miracle
Oui, le jeu est puissant. Mais il ne règle pas tout. Il ne remplace pas une ingénierie solide, une écoute fine des besoins, ni une relation de confiance. Il renforce, il soutient, il ouvre des portes — mais il ne les franchit pas à notre place.
6. C’est un chemin plus qu’une boîte à outils
J’ai commencé par collectionner des icebreakers et des jeux coopératifs. Aujourd’hui, je me rends compte que la ludopédagogie, c’est un état d’esprit. C’est repenser nos rapports à l’apprentissage, à l’autorité, à l’erreur. Et ça ne s’apprend pas en un week-end.
Si vous débutez en ludopédagogie, je vous dirais ceci : osez tester, osez rater, mais surtout osez débriefer. C’est là que tout se joue. Et entourez-vous : échanger avec d’autres praticiens est une mine d’or.
La ludopédagogie a transformé ma manière de former — et aussi ma manière d’apprendre. Mais comme tout changement de posture, elle demande du temps, du recul… et beaucoup de curiosité.

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